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LMNP au réel : comment fonctionne l'amortissement

LMNP au réel : comment fonctionne l'amortissement

En location meublée non professionnelle au régime réel, l’amortissement est l’atout fiscal majeur du LMNP. Ce mécanisme comptable permet de déduire chaque année une fraction de la valeur du bien et du mobilier, réduisant souvent l’impôt sur les loyers à zéro pendant plusieurs années. Encore faut-il comprendre comment il fonctionne et quelles sont ses limites.

Le LMNP au réel en bref

Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) s’applique aux particuliers qui louent un logement meublé sans dépasser certains seuils de recettes. Les loyers relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec deux régimes possibles :

  • Le micro-BIC, qui applique un abattement forfaitaire ;
  • Le régime réel, qui permet de déduire les charges effectives et de pratiquer l’amortissement.

C’est ce second régime qui ouvre droit à l’amortissement, généralement plus avantageux dès que le bien a une valeur significative ou génère des charges réelles importantes.

Qu’est-ce que l’amortissement ?

L’amortissement traduit comptablement l’usure et le vieillissement d’un bien dans le temps. En LMNP au réel, vous pouvez déduire chaque année une part de la valeur du logement, du mobilier et des travaux, comme une charge, sans avoir réellement dépensé cet argent l’année concernée.

Cette charge fictive vient diminuer le résultat imposable. Résultat : des loyers perçus mais peu ou pas d’impôt à payer, ce qui distingue nettement le LMNP de la location nue.

Ce qui s’amortit et ce qui ne s’amortit pas

Tout ne s’amortit pas. La règle essentielle : le terrain ne s’amortit jamais, car il ne se déprécie pas.

  • Amortissable : la construction (le bâti), les travaux, le mobilier et les équipements.
  • Non amortissable : la quote-part de terrain (souvent estimée entre 10 % et 20 % de la valeur du bien).

Les durées et l’approche par composants

L’amortissement ne s’applique pas en un bloc. La pratique consiste à décomposer le bien en éléments amortis sur des durées différentes, ce qui reflète mieux la réalité.

Exemples de durées indicatives

ComposantDurée indicative
Gros œuvre / structure40 à 50 ans
Façade, étanchéité20 à 30 ans
Installations (électricité, plomberie)15 à 20 ans
Agencements intérieurs10 à 15 ans
Mobilier et équipements5 à 10 ans

Ces durées sont indicatives et dépendent de l’état réel du bien. La ventilation par composants relève d’une analyse comptable : elle est généralement établie par un expert-comptable.

Un exemple chiffré

Prenons un appartement acheté 200 000 €, avec 8 000 € de mobilier.

  • On retire la quote-part de terrain, par exemple 15 %, soit 30 000 € non amortissables.
  • Le bâti amortissable est donc d’environ 170 000 €.
  • En simplifiant à une durée moyenne de 30 ans, l’amortissement annuel du bâti avoisine 5 700 €.
  • Le mobilier amorti sur 7 ans ajoute environ 1 150 € par an.

Soit près de 6 850 € d’amortissement annuel. Si les loyers nets de charges s’élèvent à 9 000 €, l’amortissement réduit fortement la base imposable, qui tombe ici à environ 2 150 €.

La règle de plafonnement à connaître

L’amortissement obéit à une limite importante : il ne peut pas créer ou aggraver un déficit. Autrement dit, il ne s’applique qu’à hauteur du bénéfice restant après déduction des autres charges (intérêts, taxe foncière, assurance, frais…).

La part d’amortissement non utilisée une année donnée n’est pas perdue : elle est reportable sans limite de durée sur les bénéfices des années suivantes. Cela permet de lisser l’avantage fiscal sur le long terme.

Amortissement et plus-value à la revente

Point souvent mal compris : en LMNP, la plus-value à la revente relève du régime des plus-values des particuliers. Les amortissements déduits ne sont, dans ce cadre, pas réintégrés pour le calcul de la plus-value imposable du particulier. Ce traitement a fait l’objet d’évolutions législatives récentes, notamment pour certaines situations. Compte tenu de ces changements, vérifiez les règles applicables à la date de votre revente auprès d’un professionnel.

Points de vigilance

  • Tenue d’une comptabilité : le régime réel impose un suivi comptable rigoureux, d’où le recours quasi systématique à un expert-comptable.
  • Choix du régime : le passage au réel se déclare et engage sur une durée ; comparez avec le micro-BIC avant de trancher.
  • Justificatifs et factures : conservez tout document permettant d’établir la valeur des composants et du mobilier.

En résumé

L’amortissement est le cœur de l’optimisation du LMNP au réel : en déduisant chaque année une fraction du bâti, des travaux et du mobilier, il réduit fortement l’imposition des loyers meublés, sans pouvoir créer de déficit et avec report illimité du surplus. Sa mise en œuvre demande une comptabilité précise. Faites établir votre plan d’amortissement et valider votre stratégie par un expert-comptable adapté à votre situation.

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